Des navigatrices s’envolent pour la première fois en GC32 à Lisbonne

Du 6 au 9 octobre s’est déroulé l’antépénultième Extrême Sailing Series event à Lisbonne et pour la première fois de l’histoire, un équipage 100% féminin y a participé.

Afin de partager la location du bateau et de faire profiter un maximum de personnes, 9 navigatrices  tournent sur le  bateau. Sharon Ferris (CAN), seule femme sur le circuit GC Series, gère le projet et barre le GC32. L’équipage est composé des navigatrices de Nacra17 Hannah Diamond (GBR) et Gemma Jones (NZL), de la navigatrice offshore Dee Caffari (GBR), Annemieke Bes (NED), médaillée d’argent en 2008 en Yngling, Mariana Lobato (POR), Annabelle Vose (GBR) championne du monde de 420 et les 3 Magenta girls : Annie (GBR), Sally (USA) et moi.

Dès le lundi, nous commençons les entraînements sur le Tage. Petit temps, un peu de courant, conditions parfaites pour débuter la navigation en 3 dimensions. Après quelques heures sur le bateau, les atouts et faiblesses de chacune sont facilement identifiables et on se rend à l’évidence que notre expérience en M32, et notre force physique, sont des atouts majeurs.

Lors des entraînements, les navigantes tournent ce qui n’aide pas à prendre des automatismes avec les personnes qui nous entourent sur le bateau. C’est la faiblesse du projet, mais ce qui le rend fort aussi, on partage les découvertes ! L’excitation de pouvoir naviguer sur ce bateau, sur ce circuit, qui m’a fait rêver tant d’années et qui semblait si inaccessible, efface la frustration de ne pas pouvoir faire plus.

martina-orsini-5591La première journée se déroule dans des conditions légères. Malgré des départs moyens, nous arrivons à faire quelques beaux coups. La deuxième journée, qui commence dans du petit temps, est une réussite. Nous avons bossé sur les réglages de mât, observé les concurrents et du coup la vitesse s’en ressent. Les deux dernières manches se déroulent dans plus de vent et nous voyons nos limites dans les conditions que nous n’avons pas rencontré lors des entraînements. Ils annoncent du vent pour samedi, on mentalise.

Samedi, 7 manches sont envoyées dans 15 nœuds établis avec des rafales à 25 en fin de journée. Il a fallu puiser loin afin de rouler le gennaker lors des derniers enroulés de marques. Mon frère Nelson me fera un beau trait d’humour ce soir-là en me disant que nous avons été très régulières dans nos résultats : 7 fois dernières. Mais nous ne terminons jamais loin de nos concurrents. Et ça, c’est très important pour le moral.

Dimanche, nous partons avec 2 changements dans l’équipage et du coup il est difficile de naviguer bien, surtout dans une flotte si compacte et dans 10-15 nœuds de vent. Nous terminons ainsi cette étape en dernière position.

Avant de naviguer en GC32,  j’étais sceptique quant au fait que des navigatrices soient suffisamment puissantes pour mener le bateau. J’ai été agréablement contredite et suis désormais convaincue que c’est possible. Il faut juste s’entraîner. Juste s’entraîner.

Cette première expérience, donne envie de pouvoir en construire d’autres. D’arriver à régater en  GC32 et maîtriser ses différentes facettes, le vol, les situations de course propres au circuit Extrême. Il y a beaucoup de choses à apprendre et cela rend ce circuit très attractif… Un sponsor, et hop, on s’envole pour 2017 !

 

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